Selon l’Organisation mondiale de la santé, le paludisme continue de causer plus d’un demi-million de décès chaque année, la grande majorité d’entre eux survenant en Afrique subsaharienne et chez les jeunes enfants.
L’introduction récente de vaccins contre le paludisme représente une percée scientifique majeure. Cependant, même des vaccins hautement efficaces qui protègent les individus contre la maladie peuvent ne pas suffire à interrompre la transmission du parasite et à parvenir à une élimination à long terme.
Le projet PfVIMT (Plasmodium falciparum Vaccine to Interrupt Malaria Transmission) a été lancé pour relever ce défi.
Le projet développe une stratégie vaccinale innovante ciblant plusieurs stades du parasite, conçue non seulement pour protéger les individus vaccinés contre le paludisme, mais aussi pour réduire la transmission au sein des communautés. En combinant deux des technologies de vaccins antipaludiques les plus avancées actuellement disponibles, le PfVIMT vise à rassembler les données nécessaires pour accélérer l’approbation d’un vaccin contre le paludisme de nouvelle génération capable de soutenir les efforts d’élimination de la maladie.



Les parasites du paludisme doivent accomplir un cycle de vie complexe impliquant à la fois l’homme et le moustique.
Les vaccins approuvés par l’OMS, le RTS,S et le R21, ciblent uniquement les premiers stades de l’infection chez l’homme. Le PfVIMT adopte une approche plus large en ciblant simultanément deux points critiques du cycle de vie du parasite.
La première composante est le R21, le vaccin contre le paludisme développé par l’Istitut Jenner et fabriqué par Serum Institute of India Pvt. Ltd.. Le R21 cible les sporozoïtes, la forme du parasite injectée par les moustiques lors d’un repas de sang. En empêchant les parasites d’établir une infection dans le foie, le R21 aide à protéger les individus contre la maladie palustre, avec une efficacité supérieure à 75 %.
La seconde composante est le Pfs230D1, un candidat vaccin bloquant la transmission initialement développé grâce à des décennies de recherche menées par des scientifiques des National Institutes of Health (NIH) et leurs collaborateurs internationaux. Contrairement aux vaccins conventionnels, le Pfs230D1 ne protège pas principalement l’individu vacciné. Au lieu de cela, il génère des anticorps qui sont ingérés par les moustiques lors d’un repas de sang et empêchent le parasite de se développer à l’intérieur du vecteur. Cela brise le cycle de transmission et réduit la capacité des individus infectés à transmettre la maladie à d’autres.
En combinant le R21 et le Pfs230D1 dans une stratégie de vaccination unique, le PfVIMT vise à assurer :
L’un des points forts du PfVIMT réside dans son utilisation de la méthode de l’engorgement direct sur peau (Direct Skin Feeding – DSF), considérée comme la méthode de référence pour évaluer les interventions bloquant la transmission.
Dans les études DSF, des moustiques élevés en laboratoire se nourrissent directement sur des volontaires vaccinés dans des conditions strictement contrôlées. Les chercheurs évaluent ensuite si la vaccination réduit la transmission du parasite de l’homme au moustique.
Le projet harmonise les procédures DSF à travers plusieurs centres de recherche africains avec le soutien scientifique de groupes de modélisation de premier plan, notamment ceux de l’Imperial College London, créant ainsi l’une des plus grandes plateformes standardisées d’évaluation de la transmission jamais établies pour le développement de vaccins contre le paludisme.
Le PfVIMT est coordonné par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et dirigé scientifiquement par l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), reflétant l’engagement de l’initiative Global Health EDCTP3 en faveur de partenariats équitables et d’un leadership scientifique africain.
Les études cliniques sont menées par un réseau d’institutions de recherche africaines de premier plan, comprenant :
Le consortium bénéficie également de l’expertise de partenaires internationaux : l’Université d’Oxford, l’Imperial College London, les National Institutes of Health (NIH), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et le Serum Institute of India Pvt. Ltd..
Le PfVIMT est un programme de recherche de cinq ans (2025–2030) financé par le programme-cadre Horizon Europe de l’Union européenne dans le cadre de l’entreprise commune Global Health EDCTP3, avec un budget total d’environ 15 millions d’euros.
Le consortium s’étend sur l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique, réunissant des expertises en essais cliniques, développement de vaccins, parasitologie, immunologie, entomologie, épidémiologie, sciences sociales et sciences réglementaires.
